Dimanche 22 Février
2004-Dimanche 22 Février 2009
Cinq longues années se sont déjà écoulées depuis que les assaillants sous le commandement de Guy Phillipe ont envahi la ville du Cap. La ville est tombée sous une tornade de paniques quand ce 22 Février 2004 des flammes qui comme de gros nuages noirs ensevelissent la ville, des balles qui pleuvent comme des gouttes de pluie. Mais pas les flammes héroïques et libératrices d'Henri Christophe en Février 1802.
La messe est à peine dite a la cathédrale et à l'église du sacré cur pour les catholiques, et les protestants se dirigent vers les rues 14 et 12. Donc les rues sont bondées de gens et en plus c'est le premier jour gras de la saison carnavalesque. Subitement des nouvelles circulent et informent que les assaillants sont arrivés. L'aéroport est déjà sous le contrôle des anciens militaires et les flammes montent. Toute la population de Petit Anse est déjà aux abois. Des voyageurs à l'aéroport cherchent un abri, des officiels qui étaient dans le nord attendant l'avion pour rentrer à Port au prince lancent S.O.S. Tous les vols sont annulés. Environ 54 hommes lourdement armés traversent le pont pour confisquer le centre ville. A la rue 6 ils ont mis feu a la maison des Magloire, famille bien connue pour sa sensibilité Lavalassienne, ils ont saccagés et menacés d'incendier le Collège Bell Angelot à la même rue. Ils ont pu pénétrer, détruisent plusieurs matériels didactiques dont 21 computers tout neufs, ils ont tiré dans les murs intérieurs pour satisfaire leur rage contre le propriétaire. Ils longent la lettre A ou bord de mer, Radio Afrika Fm de Nawoon Marcellus est criblée de balles et incendiées, ils continuent jusqu'à la rue 24 pour passer sous les flammes la RTK, radio télé Konbit de Mr Jose Ulysse. A la rue 24 H la maison du maire Wilma Innocent est aussi saccagée et incendiée, et non loin Radio Vérité FM de Me Bell Angelot est vandalisée et mise à sac, l'imprimerie Royale du même propriétaire connaît le même sort. Les portes de la prison sont ouvertes et les prisonniers sont libérés. Des voleurs, des criminels de droit commun sont convertis en prisonniers politiques et en combattants de la liberté. Certains sont automatiquement intégrés dans l'armée rebelle et ils ont leur fusil. Le parquet du tribunal civil incendié, la direction départementale de la police incendiée, le commissariat du Cap incendié.
Partout on tire, partout
c'est la terreur, partout c'est la fureur, la panique est généralisée.
Tous ceux qui travaillent dans l'administration publique, qui ont un ami dans
le gouvernement sont ciblés. La prison étant brûlée
ces anciens militaires ont converti un container en cellule pour incarcérer
les jeunes militants Lavalas arrêtés. Du pont neuf a carrefour
de Milot on peut compter près d'une vingtaine de cadavres des deux
cotés de la route, et de Barrière Bouteille à carrefour
Haut du cap près d'une dizaine dont trois à carrefour Ste. Philomène.
L'Hôtel Mont Joli est transformé en quartier General des Forces
rebelles. Pendant ce temps les plus ciblés prennent le marquis, le
chemin des mornes ou la maison d'un bon Samaritain. La chasse aux sorcières
commence. Le container converti en prison bonde de militants Lavalas est porté
disparu, et jusqu'aujourd'hui, aucun arrêté n'est revu. Des soupçons
forts font croire que ce container a été jeté à
la mer avec toute sa contenance. Hélas! Un présentateur de RTK
arrêté, les yeux bandés, a témoigné avoir
marché sur des cadavres et des agonisants dans ce container, relâché
dans l'après midi, il a eu la vie sauve miraculeusement, Il est deux
heures pm, la ville est vidée de tout, elle est encore plus sombre
qu'un vendredi saint. Toutes les portes sont fermées.
Le lendemain, la vie est
absente dans la cité, on chasse, on arrête, on pille et on tue.
Le général Chamblain prend le contrôle de l'aéroport
incendié et tous les vols sont interdits, les lignes téléphoniques
sont coupées, le transport terrestre est bloqué. Mais les "vainqueurs"
sablent le champagne, on annonce déjà le renversement du pouvoir
en place. Dans l'après midi du 23 ces militaires accompagnes de certains
indicateurs et curieux sont allés chez Me Bell Angelot a Lory, Haut
du Cap. Ils ont livré au pillage les meubles et la bibliothèque
et incendié ensuite la maison. Ses parents et spécialement sa
mère âgée de 72 ans alors ont eu la vie sauve grâce
aux habitants du quartier. La famille Bell devait être encore victime
à Port au Prince ou sa maison est détruite avec meubles et bibliothèque.
Tous ces actes de violences
avaient leur antécédent tout au cours de l'année 2003.
Par exemple le 4 Avril 2003 le jeune Donat Julmice, 21 ans, est tombé
sous les balles des opposants du pouvoir, en pleine manifestation, trois mois
plus tard Louis Dorcin, alias Louis pye a tè est assassiné en
pleine rue, Décembre 2003 le cadavre de Edner Jeanty nouveau directeur
départemental de la police est trouve mort après avoir été
torture. Il n'est pas a négliger les crimes opérés a
plateau central, Petit Goave, Port au prince ,Gonaïves etc. Avant d'entrer
au cap les assaillants ont incendié plusieurs maisons à ST Raphael
dont celle du Maire Sévère Adonijah, au Dondon près d'une
quinzaine de maisons sont aussi incendiées.
A partir du 25 Février
les militaires prennent le contrôle de l'administration publique. Les
Douanes, autorité portuaire, l'assurance des véhicules (OAVCT),
l'aéroport, la mairie, la délégation sont occupées.
Aujourd'hui encore des orphelins pleurent, des veufs ou des veuves sont sans secours, les dépossédés et les victimes de toutes sortes sont sans espoir de justice. Et la grande douleur les cadres de Fanmi Lavalas s'entredéchirent et lavent leurs linges en pleine rue. Attitude qui fait bien l'affaire de nos bourreaux, des complices et des coupables .Courage et solidarité à tous ceux qui sont encore en exil, et peut être ne reviendront plus au pays. Jean Bertrand Aristide est encore en Afrique du Sud, paradoxalement, car René Préval est président d'Haïti. C'est la politique, c'est la politique haïtienne. Presque la totalité des sénateurs sont encore en exil, sans compter les cadres. A quand la fin de l'exil, à quand la fin des coups d'Etat. L'Etat manifeste dans ce dossier un sentiment discriminatoire. En 2004 le Gouvernement issu du coup d'Etat du 29 Février a pris un décret devant dédommager les victimes, surtout les commerçants des actions subversives qui ont embrasé le pays en 2004, aucun responsable de Fanmi Lavalas n'a bénéficié ce décret. Il faut un cri de Justice!
Un résumé des crimes et représailles au Cap-Haitien
4 avril 2003: Assassinat
de Donat Julmice, jeune 21 ans tombé avec un drapeau en main au cours
d'une
Manifestation
Juillet 2003: Assassinat de Louis Dorcin, alias Louis Pye a tè
Juillet 2003: Tentative d'incendie et attaque par balles au bureau de la direction
départementale de PNH
Septembre 2003: Les manifestants opposants ont brulé une jeep de la
sante Publique
Novembre 2003: Beaucoup de violences pour boycotter le bicentenaire de la
bataille de Vertières
3 Décembre 2003: Assassinat de Edner Jeanty, fraichement nomme directeur
départemental PNH
15 Décembre 2003: Les opposants font circuler au cours de la nuit des
rumeurs sur le départ du président
Aristide, deux morts par balles Jean marie Dossous a petit anse et Manise
Pierre
Janvier 2004 Attaque sur le commissariat de plaisance, bilan deux morts
Février 2004: Pierre Elie Sem. Journaliste, est blesse par balle grièvement,
survivant
22 Février 2004 : Tués par balles : Guy Salvant (M ilot), Myrlande
Bien aimé, Rousman Bien aimé
(Barriere bouteille) Plus une quinzaine d'anonymes.Laguerre Almonor ,agent
PNH, fusilléJean Marie Hyppolite agent PNH, Fusillé.Pluviose
Sylvain Michaud agent PNH fusillé
Maisons, institutions
publiques et privées brulées
23 Février 2004 : Maison d'André Philogène a Sans Raison
( quartier populaire)La boutique de Rose Michelle Evariste, a sans Raison.
Restaurant de Mizou Duvercin. Cyber Café de Alexis Dupas a Barriere
Bouteille
23 Février: Maison de Me Bell Angelot a Lory
Personnes arrêtées
et bastonnées:
Exador Henri, Marie Romain, Francia Etienne (75 ans, forcée de quitter
sa maison en pleine nuit)
Wilner Mileus, Lorgeat Claude (fermé dans un container, sauvé
miraculeusement) Calixte Dieuphète ( bel-air), Alisthène Charles
( Ste Philomène ), Ti Kalo ainsi connu Decius François( Lory),
Rosenie Charles Evariste, bastonnée, Lucius Joseph Torturé,
Gladys Garçon, maison détruite, Professeur Jacob Jean François
arrêté et moleste, Aristilde Jeantes enfermé dans container,
Rochenel St Vil Antoine, boss tailleur, arrêté et bastonné,
Baufran Jean Baptiste et Rochenel Bien Aimé, arrêtés et
torturés à St Raphael, Marc Magloire et Daniel Magloire a Limonade,
Maisons saccagées et persécutés. Au trou du Nord Le maire
Luccio Seraphin sauvé de justesse après une attaque des assaillants,
ainsi que Sinaïs Ambroise. A Terrier Rouge Sénateur Delynx Pierre
Louis, sauvé de justesse, mais sa maison et tous ses biens dévastés
et brulés.
Plusieurs autres personnes sont maltraitées ce jour et ont vu leurs
maisons fouillées par ces militaires.
On a pointe par exemple un revolver a l'oreille de la femme d'un fonctionnaire
de la douane, seulement par ce que celui-ci est l'ami de Bell Angelot, plusieurs
autres sont arrêtés et moleste pour la même stupidité
Informations recueillies par le CENTRE HAITIEN DE RECHERCHES ET D'INVESTIGATIONS
EN
SCIENCES SOCIALES (CHRISS)



